Le cerveau de Kennedy (Henning Mankell)

Henning Mankell est un écrivain suédois né à Stockholm en 1948. Le cerveau de Kennedy est sa seizième publication pour adulte.

Le cerveau de Kennedy Henning Mankell Seuil (Janvier 2009)

Le cerveau de Kennedy
Henning Mankell
Seuil (Janvier 2009)

Quatrième de couverture:

Automne 2004. Louise Cantor quitte son chantier de fouilles du Péloponnèse pour rentrer en Suède. Impatiente de revoir son fils, elle le trouve mort dans son appartement de Stockholm.

Qui a tué Henrik? Pas un instant Louise ne veut croire que son fils unique se soit suicidé. Avec l’énergie du désespoir et une obstination d’archéologue, elle va tenter de reconstituer fragment par fragment les dernières années d’une vie brutalement interrompue. Secondée par Aron, le père d’Henrik qu’elle a déniché au fin fond de l’Australlie, Louise découvre que son fils avait une vie secrète, émaillée d’inquiétantes zones d’ombre.

Pourquoi Henrik s’intéressait-il tant au cerveau du président Kennedy, disparu lors de l’autopsie? Pourquoi avait-il un appartement clandestin à Barcelone? D’où provenait les grosses sommes d’argent dont il disposait? Que faisait-il au Mozambique dans un mouroir pour malades atteints du sida?

Quand Aron disparaît brutalement sans laisser de traces, Louise comprend qu’elle est aux prises avec des forces occultes qui la dépassent. Au bord du gouffre mais plus déterminée que jamais, ses pas la conduisent au coeur de l’Afrique. Une vérité effroyable l’y attend.

 À travers ce récit palpitant et lucide, Henning Mankell exprime sa colère contre le cynisme du monde occidental face au lent naufrage d’un continent rongé par le sida.

Ce que j’en pense:

J’ai été assez surprise par ce roman. En effet, j’ai vu par-ci par-là que Mankell était auteur de polar. Et bien, il n’écrit pas que du polar! La preuve! Ici, il s’agit plus d’un constat. L’Afrique est malade et se meurt du sida dans l’indifférence générale et certains semblent même profiter de cette misère pour faire des profits de façon pas très nette. Se servant du chagrin d’une mère en quête de vérité concernant son fils décédé, Henning Mankell nous plonge dans l’envers du décor, nous montre le côté obscur de certains organismes dédiés à l’aide aux malades. C’est un récit qui met mal à l’aise, qui pose tout un tas de questions sans donner de réponses. L’auteur nous démontre également que nos proches peuvent en fait être de parfaits étrangers dont on ignore tout. C’est un roman assez dérangeant décrivant crûment et sans détour des mouroirs de fortune.

On ne ressort pas indifférent d’une telle lecture. M’attendant à un polar, j’ai été déçue, mais toute la réflexion  que donne se récit est intéressante et effrayante à la fois. En effet, comment ne pas être horrifiée en constatant qu’au XXIème siècle, il existe encore un trafic d’êtres humains? Pourquoi laisse-t-on faire? Est-ce le cas uniquement en Afrique? Qui sont les personnes derrière tout cela? Bref, un constat vraiment alarmant sur notre société.

le cerveau de kennedy

Titre: Le cerveau de Kennedy (Kennedys hjärna)

Auteur: Henning Mankell

Première publication: 2005

Édition présentée: Seuil, Janvier 2009.

Traduit du suédois par Rémi Cassaigne

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Noël 2013

Oui, je sais, Noël, c’était la semaine dernière. Mais j’ai tellement envie de vous montrer tout ce que j’ai reçu! J’ai été gâtée!!

Niveau livre, trois nouveau titres ont rejoint ma PAL:

Les gens heureux lisent et boivent du café Agnès Martin-Lugand Michel Lafon

Les gens heureux lisent et boivent du café
Agnès Martin-Lugand
Michel Lafon

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La clé des Vents
Stephen King
J’ai Lu

Docteur Sleep Stephen King Albin Michel

Docteur Sleep
Stephen King
Albin Michel

Ensuite, j’ai eu un coffret de découverte de thés. Il comprend 12 thés différents et permet de se faire une idée quand on est une novice comme moi!

Coffret découverte du thé Cha Zhuang la maison du Thé

Coffret découverte du thé
Cha Zhuang la maison du Thé

Thé aromatisé ou nature, vert, blanc, noir, Oolong, Pu Erh, bref, il y a vraiment un peu de tout. D’ailleurs, vous pouvez jeter un œil à toutes les variétés que cette boutique propose ici. Personnellement, j’ai beaucoup apprécié  le Darjeeling Makaibari et le Jasmin Monkey King .

Enfin, parce que j’aime bien cuisiner et qu’il y a des gourmands à la maison, j’ai également eu ceci:

Machine à pâte Kitchenaid

Machine à pâte Kitchenaid

À moi les spaghetti et tagliatelles fraîches faits maison sans prise de tête!! Youpi!!

Je vous laisse, je vais tester mon nouveau jouet!!

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La page des lecteurs VendrediLecture

Comme certains le savent déjà, je fais partie des membres de l’association VendrediLecture. Et chaque mois, Magali  nous propose un thème et chaque personne ayant une carte d’adhérent (les conditions ici) peuvent participer. Le mois dernier, nous devions illustrer notre vision de l’automne. Voici ma participation:

Participation  page des lecteurs  VendrediLecture

Participation
page des lecteurs
VendrediLecture

 

Vous trouverez toutes les autres participations ici.

Ce mois-ci, nous devions écrire une lettre au Père Noël avec des titres de romans.

Voici ma modeste contribution:

 

Misery

Chez Dolores Claiborne

22/11/63La ligne verte

Dead Zone

Cher Père Noël,

J’espère que cette année, tu parviendras à nous livrer. En effet, on nous a prévu la tempête du siècle avec une épaisse brumejuste avant le crépuscule. Pour être sûr d’arriver sans encombre, il te faut venir entre minuit 2 et minuit 4: une brève accalmie est prévue.

Maintenant que tu sais à quoi t’attendre, voilà ce qu’il faudrait que tu amènes. Tu ne croyais pas arriver lesmains vides, si?

Pour Jessie, un dreamcatcher pour vaincre son insomnie. Ses rêves et cauchemars l’effaient tant qu’elle refuse de fermer l’oeil depuis l’année du loup-garou et elle commence a être un peu irritable.

Christine rêve d’un voyage à Salem avec son amoureux Colorado Kid.

Carrie, elle, meurt d’envie de faire un tour sur le bolid’ pour se rendre à Duma Key faire les courses!

Blazele pistolero aimerait beaucoup avoir ce tableau de la Tour Sombre peint par Rose Madder et en admirer la part des ténèbres jusqu’à ce qu’il n’ait plus que la peau sur les os!

Charlie veut les trois cartes qui lui manquent dans sa collection Magie et Cristal.

N’oublions pas Cujo, que tu régaleras facilement avec un sac d’os ou un accès illimité au Simetierre.

Et moi? Ça, j’avoue que je ne sais pas trop. À moins que…

Je voudrais le Talisman. Celui qui me fera quitter ce monde de désolation en chantier perpétuel où règne le bazaar. Oui, c’est ce que je souhaite. Quitter ce dôme qui entretient ma rage, découvrir les territoires des Terres Perdues, oublier mon cellulaire, le flèau de l’humanité. M’asseoir au milieu de nulle part pour écouter le chant de Susannah (il paraît que c’est magnifique), pouvoir observer les loups de la Calla et me plonger dans les yeux du dragon. Voilà ce qu’il me faut! Le Talisman! Et ne vient pas sans, sinon je te dénonce auprès des régulateurs!

Misery

 

Ce n’est pas exceptionnel, mais je me suis amusée. Surtout que tous les titres sont des romans ou des nouvelles de Stephen King. Fan, moi?? Si peu!

Pour voir les autres participations et connaître le thème de Janvier 2014 (auquel je participerai probablement!), c’est par ici!

Et si vous voulez savoir si le Père Noël a bien tenu compte de ma lettre, ne rater pas le déballage à suivre!

 

Raison et Sentiments (Jane Austen)

Publié en 1811 sous le titre Sense and Sensibility, ce roman est la première publication de Jane Austen.

Raison et sentiments suivi de Persuasion Jane Austen Editions France Loisirs 2011

Raison et sentiments
suivi de Persuasion
Jane Austen
Editions France Loisirs
2011

Quatrième de couverture:

XVIIIème siècle. Angleterre. À la mort de Mr Dashwood, son épouse et ses filles sont injustement destituées de l’héritage. L’aînée, Elinor, doit renoncer à son amour avec l’aristocrate Edward Ferrars, n’ayant ni le rang ni la fortune pour espérer épouser le jeune homme. Quant à Marianne, elle s’éprend du séduisant Willoughby. Toute à sa passion, elle expose son bonheur à qui veut l’entendre. Jusqu’au jour où le jeune homme disparaît mystérieusement

Ce que j’en pense:

À travers une description des mœurs de son époque, Jane Austen brosse ici une critique intéressante de la société aristocratique anglaise du XVIIIème siècle. Bien qu’il s’agisse au premier abord de l’expérimentation de chagrin d’amour pour deux sœurs que leur caractère respectif opposent,  Jane Austen nous montre également, de façon à peine voilée,  qu’il est difficile pour une fille sans fortune, bien que de rang respectable, de pouvoir bien se marier.

Ainsi, Elinor, l’aînée, jeune fille raisonnable et Marianne, qui se laisse porter par ses sentiments, vont  faire l’expérience quasi simultanée d’un chagrin d’amour. Elinor, discrète, comprend que son manque de fortune est défavorable à une union avec Edward Ferrars, sans compter sur ses fiançailles secrètes, à ce petit cachottier, dont elle découvre l’existence grâce à la fiancée elle-même!  Marianne, amoureuse de Willoughby, se laisse tant porter par ses sentiments et sa spontanéité que même le plus aveugle des personnages ne peut douter de se qu’elle ressent pour le beau jeune homme. Alors qu’elles sont invitées par Mrs Jennings (une véritable pipelette qui adore les potins, mais qui est adorable avec les deux sœurs) à passer l’hiver à Londres, Marianne va apprendre que son bel amoureux est un traître assoiffé par l’argent et Elinor va ruminer intérieurement, garder la tête haute et va couvrir sa sœur de toute son affection afin de l’aider à surmonter sa peine qui va la rendre aussi mélancolique que son amour la rendait heureuse et souriante. Mais Marianne va rapidement décider de changer d’attitude lorsqu’elle va se rendre compte de ce qu’a pu éprouver en secret Elinor.

Mais au-delà du portrait de ses deux soeurs attachantes, il est également question d’honneur, de cupidité, de remords et d’amour indéfectible. Bien sûr, tout se termine bien pour elles deux, elles finissent heureuses en ménage. Et bien que j’aurais volontiers secouer un peu Marianne pour la faire redescendre sur Terre, cette lecture fut des plus agréables. Jane Austen arrive à nous rendre avec tant de réalisme le caractère de ses personnages qu’il est assez difficile de ne pas s’attacher à certains d’entre eux, comme Mrs Jennings par exemple qui, malgré sa langue bien pendue, est une charmante personne au cœur sur la main.

Un récit à relire de temps à autre, pour arrêter le temps qui passe et plonger dans une époque où la convivialité était tout autre.

Raison et sentiments suivi de Persuasion Jane Austen Editions France Loisirs 2011

Titre: Raison et sentiments (Sense and Sensibility)

Auteur: Jane Austen

Première publication: 1811

Edition présentée: France Loisirs 2011

Traduction: Jean Privat

Disponible en numérique

Cette lecture compte pour le challenge 13 auteurs en 2013

challenge 13 auteurs 2013

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Challenge Argentine 2014

Pour la nouvelle année qui s’annonce, j’avais envie de me lancer un petit défi: découvrir des auteurs d’une certaine nationalité. L’idée étant de m’ouvrir de nouveaux horizons, de lire des textes que je n’aurais jamais lu sans cette contrainte (qui n’en est pas vraiment une!). Le souci était d’arriver à trouver un pays en totale objectivité! Après plusieurs pistes, j’ai décidé de me caler sur le Salon du Livre de Paris 2014. J’avoue, ce n’est pas bien original!  Ainsi, l’année 2014 sera celle de la découverte de la littérature argentine!

Challenge Argentine 2014 Évasion et découvertes

Challenge Argentine 2014
Évasion et découvertes

J’ai donc fait quelques recherches et ai déniché le nom d’un certain nombre d’auteurs. En voici quelques-uns, pour celles et ceux qui souhaiteraient se joindre à ma modeste aventure (la liste est susceptible d’évoluer au cours de l’année):

– Jorge Luis Borges

– Carlos Salem

– Ernesto Sabato

– Julio Cortazar

– Nestor Barron

– Pablo de Santis

– Raul Argemi

-Vicente Battista

Pas de contrainte  de nombre de livres, seul le plaisir compte! Pas de lecture en VO imposée non plus (c’est au choix de chacun).

Pour celles et ceux qui souhaitent participer à mon petit voyage, n’hésitez pas à annoncer votre participation en commentaire (on ne sait jamais, si quelqu’un vient par ici se perdre!! ) et de donner un lien vers un récapitulatif sur votre blog!

Je tiendrai ici à jour mon évolution dans ce challenge. Je me suis imposée de découvrir au moins cinq auteurs. Maintenant il n’y a plus qu’à!

La ballade de Lila K. (Blandine Le Callet)

La ballade de Lila K est le deuxième roman de Blandine Le Callet, publié chez Stock en 2010.

La ballade de Lila K Blandine Le Callet Le Livre de Poche Février 2012.

La ballade de Lila K
Blandine Le Callet
Le Livre de Poche
Février 2012.

Quatrième de couverture :

Une jeune femme, Lila K., fragile et volontaire, raconte son histoire. Un jour, des hommes en noir l’ont brutalement arrachée à sa mère, et conduite dans un Centre, mi-pensionnat mi-prison, où on l’a prise en charge. Surdouée, asociale, Lila a tout oublié de sa vie antérieure. Son obsession : retrouver sa mère, recouvrer sa mémoire perdue. Commence alors pour elle un chaotique apprentissage, au sein d’un univers étrangement décalé, aseptisé, où les livres n’ont plus droit de cité…

Plus qu’un récit d’apprentissage aux allures orwelliennes, un roman émouvant sur la force du lien et du pardon. Christine Rousseau, Le Monde des livres.

Ce roman, qui mêle histoire d’amour et critique d’une politique sécuritaire à tout prix, se voit drôlement rattrapé par l’actualité. Pascale Frey, Elle.

Ce que j’en pense:

J’ai été tentée par ce roman en voyant qu’il apparaissait  assez régulièrement dans le bilan hebdomadaire publié par VendrediLecture.

Il s’agit de l’histoire de Lila, racontée à la première personne. Enlevée à sa mère, plus ou moins enfermée au Centre (cela m’a fait pensé à la série Le Caméléon!) qui la remet sur pied en assurant son éducation. Très vite, elle se montre douée. Mais n’oublie jamais sa mère. Son but pour tenir et ne pas se rebeller contre ce système de contrôle permanent: la retrouver.

L’histoire se déroule dans un futur digne de George Orwell: les caméras sont partout, les urines sont contrôlées automatiquement pour détecter toute absorption de drogue ou d’alcool, le moindre achat effectué est archivé dans ce qui représente le dossier de chacun, bref, tout le monde est prié d’avoir une vie qui rentre dans le moule. Les livres sont présentés comme des menaces: « Le papier imprimé peut contenir des substances toxiques et des micro-organismes susceptibles de déclencher chez les sujets fragiles de graves allergies, entraînant lésions cutanées et problèmes respiratoires. Il doit être manié avec précaution. Il doit être tenu hors de portée des enfants » (p55-56). Mais rapidement, monsieur Kauffmann explique à la fillette que les livres sont importants malgré tout ce que peut laisser entendre le Ministère: « […] c’est inamovible. Indélébile. Là réside tout l’intérêt: avec le livre, tu possèdes le texte. Tu le possèdes vraiment. Il reste à toi, sans que personne ne puisse le modifier à ton insu.[…] » (p54). D’ailleurs Lila constatera cela lorsqu’elle travaillera à la Bibliothèque, au service de numérisation, où les textes sont tronqués de ce qui n’apparaît pas comme politiquement correct aux yeux du Ministère, la censure par excellence.

Mais il s’agit aussi d’une histoire sur le pardon. En effet, bien que Lila ait été quelque peu délaissée par sa mère (qui faisait ce qu’elle pouvait pour s’en sortir malgré une addiction), l’amour qu’elle lui porte est plus fort que tout. Bien sûr, les mains de Lila portent encore les cicatrices non pas des violences mais des négligences de sa mère, et pourtant, elle fait des choses interdites, accèdent à des informations qu’on a cherché à lui cacher toute sa vie, elle traverse la frontière et se rend dans la Zone, où vivent les « rebuts » de la société pour retrouver sa mère. Et elle y parvient… La jeune femme est attachante, jamais elle ne se plaint de son passé pourtant loin d’être rose

Malgré tous ces bons « ingrédients », je reste sur une impression assez mitigée. Peut-être le souvenir de 1984 de George Orwell est-il encore trop frais. J’ai trouvé le temps long au bout du premier tiers. Heureusement, lorsque Lila quitte le Centre, le récit reprend un peu de rythme. Mais à nouveau, on piétine un peu, comme Lila dans son attente de renseignements concernant sa mère. Bien que la jeune femme fasse quelques entorses au Règlement, elle n’a fait qu’attendre toute sa vie: de pouvoir sortir du centre, de rencontrer sa mère. Le roman finit d’ailleurs sur cette phrase: « Et je vous attendrai » (p355). Une passivité assez déconcertante malgré l’intelligence hors norme de Lila K. Je n’ai rien contre un peu de psychologie, loin de là, mais je pensais trouvé autre chose de plus ici, un peu d’action de la part de cet esprit rebelle. Pourtant, si vous aimez les histoires où Big Brother vous surveille, ne passez pas à côté de ce roman.

la ballade de lila K

Titre: La ballade de Lila K

Auteur: Blandine Le Callet

Première publication: 2010 (Stock)

Edition présentée: Le Livre de Poche, février 2012

Disponible en numérique

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Billie (Anna Gavalda)

Billie est le sixième roman « pour adulte » d’Anna Gavalda, publié chez Le Dilettante et paru le 2 octobre 2013, et fait donc partie du flot de parutions de ce que l’on appelle Rentrée Littéraire.

Billie Anna Gavalda Le Dilettante Octobre 2013

Billie
Anna Gavalda
Le Dilettante
Octobre 2013

Présentation de l’auteur: 

Billie, ma Billie, cette princesse à l’enfance fracassée qui se fraye un chemin dans la vie avec un fusil de chasse dans une main et On ne badine pas avec l’amour dans l’autre, est la plus jolie chose qui me soit arrivée depuis que j’écris. A.G.

Ce que j’en pense:

Qui est Billie? La narratrice de ce récit. Issue d’une famille défavorisée, abandonnée par sa mère alors qu’elle n’avait qu’un an, elle a vécu dans une caravane avec son père, sa belle-mère et tous leurs rejetons. Enfance difficile en milieu rural avec violence domestique et alcoolisme .

Que nous raconte-t-elle? Alors qu’avec son copain Franck, blessés tous les deux, ils sont dans une sorte de crevasse dans le Parc des Cévennes, elle nous fait le récit de leur rencontre grâce à la pièce de théâtre On ne badine pas avec l’amour, de ce que celle-ci à changer pour elle, de leur parcours, à l’un comme à l’autre, plutôt chaotique. Ils parviennent à affronter la vie de front lorsqu’ils sont ensemble, se donnant du courage l’un à l’autre.

Je n’avais jamais lu de roman d’Anna Gavalda, et celui-ci, écrit avec le phrasé d’une personne ayant arrêté l’école en quatrième, est un peu bizarre à mon goût. Billie qui s’adresse à une étoile, c’est plutôt tordu, surtout que son pote est juste à côté! D’accord, il est inconscient, mais quand même! Et puis, par moment, j’ai eu l’impression qu’elle n’était pas super clean, la Billie! Elle n’aurait pas pris un petit cacheton qui fait planer, des fois?? Vous allez me dire que c’est parce qu’elle n’a pas le vocabulaire pour arriver à exprimer vraiment ce qu’elle ressent. Mouais, peut-être. Je ne suis pas vraiment convaincue…

Et puis le portrait de la pauvre fille issue de la France d’en bas qui se prostitue plus ou moins pour survivre, de son copain qui se découvre homosexuel mais qui fait tout pour le cacher à son père complètement déjanté et à sa mère qui de toute façon ne voit rien tant elle est assommée par les anti-dépresseurs, ben désolée, mais ça ne prend pas avec moi! Je ne dis pas que cela n’existe pas, parce que malheureusement, cela existe. C’est juste que quand on vient d’en bas, qu’on habite à la campagne, qu’on a connu la famille recomposée de tous les côtés (père, mère, même des « pièces rapportées » par les beaux-pères!!),les humiliations, la crasse, le froid, la faim, on peut s’en sortir et devenir quelqu’un de respectable par d’autres moyens, et JE SAIS de quoi je parle! Alors à Billie qui pleurniche parce sa vie a été dure, j’ai envie de lui dire: « Ben non, ce n’est pas beau ce que tu as vécu! Mais si tu veux avancer, arrête de regarder derrière! ».

Et puis, désolée de dire cela, mais je n’ai pas compris où voulez nous mener l’auteur. Bien sûr, ça fait très conte du vilain petit canard revisité, mais franchement où est l’intérêt? Inspirer de la pitié?? La pitié ne sert à rien! Admirer l’envie de s’en sortir de ce personnage, son courage?? Bof! Oui, c’est moche une vie comme ça. Malheureusement, cela a toujours existé et cela existera toujours. Il y a ceux qui s’en sortent et ceux qui ne s’en sortent pas. Ceux qui veulent s’en sortir et ceux qui ne veulent pas.  Ce n’est pas en écrivant dessus que cela fera changer les choses.

Autre chose, encore. À la cambrousse, il n’y a pas que des jeunes qui arrêtent l’école à 14 ans, des filles qui monnaient leurs « services » et des homosexuels. Avoir placé l’enfance de Billie et Franck en milieu rural était peut-être un choix tout à fait anodin de la part de l’auteur. Mais je suis sûre que c’est bien pire en milieu urbain, où chacun ignore son voisin, marche sur le SDF qui a trouvé refuge dans un hall d’immeuble, où chacun baisse la tête et observe ses pieds pour ne pas les poser sur quelque chose de sale, genre une crotte de chien ou un papier d’emballage, où tout est précieux pour chacun des habitants alors que tout y est gris et triste. Ben quoi? Oui, j’aime la campagne où chaque saison est un nouveau tableau, où le parfum des fleurs côtoie celui des bouses de vaches, où tout le monde se connait, se dit bonjour et demande des nouvelles de toute la famille alors que chacun habite à plusieurs kilomètres l’un de l’autre, où demander de l’aide n’est pas une honte mais un mode de vie. Mais là, je m’éloigne beaucoup de notre point de départ.

Pour faire court, je dirai que ce roman est une belle histoire d’amour-amitié, qui montre qu’à deux c’est mieux pour affronter la vie (alors que tout seul, on peut y arriver aussi), mais que je ne suis tout simplement pas le bon public. L’auteur n’a pas réussi à m’atteindre. Les personnages qui s’épanchent sur leur passé en pleurnichant, désolée, ce n’est pas trop mon truc! Mais si vous aimez les histoires un peu témoignage plein de bons sentiments, que vous avez le cœur un peu guimauve,  ce roman est pour vous. Et si vous voulez savoir pourquoi il y a un petit âne sur la couverture, ne perdez pas patience à la lecture, vous le saurez (vers la fin!).

Billie Anna Gavalda Le Dilettante Octobre 2013

Titre: Billie

Auteur: Anna Gavalda

Éditeur: Le Dilettante

Date de Parution: Octobre 2013

Disponible en numérique

 

 

Cette lecture compte pour le Challenge ABC du forum club de lecture

challenge abc 2013
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