Terrible Awena (Linda Saint Jalmes)

Née en 1971, Linda Saint Jalmes est une romancière française. Terrible Awena, premier tome de la Saga des Enfants des Dieux,  est son premier roman. Éditée en novembre 2010 chez BoD, Linda Saint Jalmes est depuis 2011 auteur pour les éditions Rebelle  qui ont repris l’intégralité de la Saga des Enfants des Dieux et publié des inédits.

Terrible Awena Linda Saint Jalmes Rebelle éditions Novembre 2012

Terrible Awena
Linda Saint Jalmes
Rebelle éditions
Novembre 2012

Quatrième de couverture:

Awena Dano, jeune femme de 21 ans, se voit offrir malgré elle, en cadeau d’anniversaire, un voyage dans le nord des Highlands…
À peine arrivée dans un vieux manoir lugubre, Awena fuit et se réfugie sur le haut d’une proche colline où trône un ancien cercle de menhirs.
Tout bascule quand elle se fait happer par une courbe du temps, et se retrouver quelque six cent dix-huit dans dans le passé.
Comment ne pas devenir folle en faisant la connaissance de deux guerriers-druides, Ned et Clyde, qui la livrent en pâture à leur laird, Darren Saint-Clare, alias le Loup Noir des Highlands ?
Alors que Darren, lui, pense voir en elle sa promise, l’élue que les dieux du monde des Sidhes avaient annoncée, par le biais d’une très ancienne prophétie…

Ce que j’en pense:

Tout d’abord, je tiens à remercier les éditions Rebelle pour leur confiance et pour m’avoir fait découvrir un « échantillon » de leurs publications.

Une lecture dévorée en trois soirs, cela faisait longtemps que cela ne m’était pas arrivé! Un voyage dans le temps, de la magie, le Moyen Âge et les Highlands, voilà des ingrédients qui me plaisent et la façon dont l’auteur a mêlé le tout m’a vraiment plu! Bien sûr, ceux qui me connaissent savent que les histoires d’amour au premier regard, c’est pas trop mon truc. Mais bien qu’il s’agisse du point central de l’histoire, la magie de l’endroit et le mystère sur les origines d’Awena, ainsi que les passages comiques dues aux situations anachroniques, le tout distillé ça et là, font que la lecture de ce roman a été bien agréable pour moi. Awena est drôle, fait souvent des gaffes, mais elle sait également être sérieuse. Les clins d’oeil à des personnages de notre époque, comme Yoda, transposés au Moyen âge prêtent à sourire, rendant parfois des situations un peu inquiétantes beaucoup plus légères. J’avoue par contre que les origines d’Awena ne sont pas restés un mystère très longtemps: ce fut rapidement évident pour moi. Mais cela n’a gâché en rien ma lecture.

Loch of Yarrows (Source Wikipedia)

Loch of Yarrows
(Source Wikipedia)

Il ne me reste plus qu’à découvrir la suite: que va devenir la progéniture d’Awena et Darren, et surtout qu’est-il arrivé à Logan?? Cette fin met en appétit!

Si vous aimez les romances pleines de magie et de mystère, n’attendez plus!

terrible awena

Titre: Terrible Awena (La Saga des enfants des Dieux T1)

Auteur: Linda Saint Jalmes

Édition présentée: Rebelle éditions novembre 2012

Disponible en numérique

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Nouvelles d’Argentine (S. Bizzio, G. Carranza, R. Piglia, E. Cross, S. Cheijfec)

Nouvelles d’Argentine est un recueil de nouvelles publiées aux éditions Magellan & Cie avec le concours de Courrier International en Novembre 2010. Cet ouvrage appartient à la collection Miniatures.

Nouvelles d'Argentine S. Bizzio, G. Carranza, R. Piglia, E. Cross, S. Chejfec. Magellan et Cie (Novembre 2010) collection Miniatures

Nouvelles d’Argentine
S. Bizzio, G. Carranza, R. Piglia, E. Cross, S. Chejfec.
Magellan et Cie (Novembre 2010)
collection Miniatures

Quatrième de couverture:

S’étirant de la Terre de Feu (et de glace), où s’aventura naguère un certain Magellan, au sud du Brésil, de la Cordillère des Andes à l’océan Atlantique, l’Argentine est ce jeune pays de deux cents ans où survit encore le mythe américain de la terre promise, de la terre d’exil pour de nombreux Européens. C’est le pays des pampas à perte de vue, jusqu’à la Patagonie, des « gauchos », ces fiers gardiens de gigantesques troupeaux, du tango, cette danse nerveuse pratiquée sur les bords du rio de la Plata, le fleuve d’argent, où hommes et femmes se toisent fièvreusement. C’est le siège d’une capitale, Buenos Aires, à l’architecture et à l’atmosphère européennes, comme le fut en son temps New York. De grands écrivains ont surgi de ce pays devenu éminemment littéraire de par son apport au boom latino-américain, jusqu’aux années de plomb de la dictature (1976-1983). Dans ce recueil, au ton tantôt grave tantôt léger, tantôt cru tantôt pudique, une nouvelle génération d’écrivain perpétue, à l’ombre du grand aîné Jorge Luis Borges, et dans la langue de Cervantès importée par les Conquistadors, une histoire littéraire argentin exigeante, originale et forte.

Ce que j’en pense: 

Ce recueil comporte cinq nouvelles que je vais vous présenter séparément. En effet, aucune n’a de lien avec un autre.

La première, Cynisme (Cinismo en VO, traduite par André Gabastou), laisse une impression très forte: elle raconte le rapport à la sexualité d’une enfant hermaphrodite, qui tombe amoureuse d’un adolescent, fils d’amis de ses parents, le temps d’un bref séjour chez elle.  Elle nous est présentée comme une fille, mais est-elle fille ou garçon? On sent tout le long du récit qu’elle se cherche, elle est indécise. Toujours est-il que son langage est cru pour une jeune de 12 ans, tout comme celui d’Alvaro, son compagnon de « jeu », qui épanouit sa sexualité d’une manière que sa mère trouve « étrange ». Et puis il y a les parents. Pour vivre ensemble et se supporter, le whisky et la marijuana semblent de merveilleux remèdes, ou presque. Sergio Bizzio arrive à nous faire ressentir le mal-être de Rocio en si peu de mots! Un beau récit qui a été adapté au cinéma par Lucia Puenzo sous le titre XXY (allez voir la bande annonce ici!).

Le texte de Gonzalo Carranza, Ad Majorem Dei Gloriam (traduit par François Gaudry), nous entraîne dans le monde religieux, où les complots, les mensonges et la culpabilité nous sont exposés. Un récit très court mais percutant.

L’invasion (traduit par François-Michel Durazzo) de Ricardo Piglia se situe dans une cellule de prison. Déjà occupée par deux détenus, cette cellule accueille un nouveau prisonnier… Une vision assez inattendue, mais non moins intéressante, du milieu carcéral.

Le cadeau d’Esther Cross (traduit par Marianne Millon) m’a fait sourire: il revient sur les fêtes de Noël et sur les invités qui n’offrent qu’un cadeau pour deux enfants, ici une poupée. Comment contenter les deux fillettes? Privilégier la plus jeune? Confisquer le cadeau? À vous de le découvrir!

La dernière nouvelle, les malades de Sergio Chejfec (traduit par François Gaudry) m’a paru assez bizarre. Le personnage principal en est une femme qui semble vivre à l’écart de tout contact humain. Elle reçoit un jour un courrier lui donnant pour instructions de se rendre au chevet d’une personne malade. Le récit raconte essentiellement son parcours de chez elle jusqu’à l’hôpital, où elle arrive enfin dans une sorte de mouroir. On arpente les méandres des couloirs de l’hôpital tout en explorant les pensées un peu étrange de cette femme. J’avoue ne pas avoir compris où voulait nous mener l’auteur avec ce récit.

Ce recueil est vraiment un aperçu très hétéroclite des écrits argentins, donnant envie de découvrir ces auteurs, mais aussi d’autres afin de voir tout ce que la littérature argentine peut nous offrir.

Giacomo Balla I Malati

Giacomo Balla
I Malati

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Titre: Nouvelles d’Argentine

Auteurs: Sergio Bizzio, Gonzalo Carranza, Ricardo Piglia, Esther Cross, Sergio Chejfec

Édition présentée: Magellan et Cie, Novembre 2010

Traducteurs: André Gabastou, François-Michel Durazzo, Marianne Millon et François Gaudry.

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Challenge Argentine 2014 Évasion et découvertes

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La ballade de Lila K. (Blandine Le Callet)

La ballade de Lila K est le deuxième roman de Blandine Le Callet, publié chez Stock en 2010.

La ballade de Lila K Blandine Le Callet Le Livre de Poche Février 2012.

La ballade de Lila K
Blandine Le Callet
Le Livre de Poche
Février 2012.

Quatrième de couverture :

Une jeune femme, Lila K., fragile et volontaire, raconte son histoire. Un jour, des hommes en noir l’ont brutalement arrachée à sa mère, et conduite dans un Centre, mi-pensionnat mi-prison, où on l’a prise en charge. Surdouée, asociale, Lila a tout oublié de sa vie antérieure. Son obsession : retrouver sa mère, recouvrer sa mémoire perdue. Commence alors pour elle un chaotique apprentissage, au sein d’un univers étrangement décalé, aseptisé, où les livres n’ont plus droit de cité…

Plus qu’un récit d’apprentissage aux allures orwelliennes, un roman émouvant sur la force du lien et du pardon. Christine Rousseau, Le Monde des livres.

Ce roman, qui mêle histoire d’amour et critique d’une politique sécuritaire à tout prix, se voit drôlement rattrapé par l’actualité. Pascale Frey, Elle.

Ce que j’en pense:

J’ai été tentée par ce roman en voyant qu’il apparaissait  assez régulièrement dans le bilan hebdomadaire publié par VendrediLecture.

Il s’agit de l’histoire de Lila, racontée à la première personne. Enlevée à sa mère, plus ou moins enfermée au Centre (cela m’a fait pensé à la série Le Caméléon!) qui la remet sur pied en assurant son éducation. Très vite, elle se montre douée. Mais n’oublie jamais sa mère. Son but pour tenir et ne pas se rebeller contre ce système de contrôle permanent: la retrouver.

L’histoire se déroule dans un futur digne de George Orwell: les caméras sont partout, les urines sont contrôlées automatiquement pour détecter toute absorption de drogue ou d’alcool, le moindre achat effectué est archivé dans ce qui représente le dossier de chacun, bref, tout le monde est prié d’avoir une vie qui rentre dans le moule. Les livres sont présentés comme des menaces: « Le papier imprimé peut contenir des substances toxiques et des micro-organismes susceptibles de déclencher chez les sujets fragiles de graves allergies, entraînant lésions cutanées et problèmes respiratoires. Il doit être manié avec précaution. Il doit être tenu hors de portée des enfants » (p55-56). Mais rapidement, monsieur Kauffmann explique à la fillette que les livres sont importants malgré tout ce que peut laisser entendre le Ministère: « […] c’est inamovible. Indélébile. Là réside tout l’intérêt: avec le livre, tu possèdes le texte. Tu le possèdes vraiment. Il reste à toi, sans que personne ne puisse le modifier à ton insu.[…] » (p54). D’ailleurs Lila constatera cela lorsqu’elle travaillera à la Bibliothèque, au service de numérisation, où les textes sont tronqués de ce qui n’apparaît pas comme politiquement correct aux yeux du Ministère, la censure par excellence.

Mais il s’agit aussi d’une histoire sur le pardon. En effet, bien que Lila ait été quelque peu délaissée par sa mère (qui faisait ce qu’elle pouvait pour s’en sortir malgré une addiction), l’amour qu’elle lui porte est plus fort que tout. Bien sûr, les mains de Lila portent encore les cicatrices non pas des violences mais des négligences de sa mère, et pourtant, elle fait des choses interdites, accèdent à des informations qu’on a cherché à lui cacher toute sa vie, elle traverse la frontière et se rend dans la Zone, où vivent les « rebuts » de la société pour retrouver sa mère. Et elle y parvient… La jeune femme est attachante, jamais elle ne se plaint de son passé pourtant loin d’être rose

Malgré tous ces bons « ingrédients », je reste sur une impression assez mitigée. Peut-être le souvenir de 1984 de George Orwell est-il encore trop frais. J’ai trouvé le temps long au bout du premier tiers. Heureusement, lorsque Lila quitte le Centre, le récit reprend un peu de rythme. Mais à nouveau, on piétine un peu, comme Lila dans son attente de renseignements concernant sa mère. Bien que la jeune femme fasse quelques entorses au Règlement, elle n’a fait qu’attendre toute sa vie: de pouvoir sortir du centre, de rencontrer sa mère. Le roman finit d’ailleurs sur cette phrase: « Et je vous attendrai » (p355). Une passivité assez déconcertante malgré l’intelligence hors norme de Lila K. Je n’ai rien contre un peu de psychologie, loin de là, mais je pensais trouvé autre chose de plus ici, un peu d’action de la part de cet esprit rebelle. Pourtant, si vous aimez les histoires où Big Brother vous surveille, ne passez pas à côté de ce roman.

la ballade de lila K

Titre: La ballade de Lila K

Auteur: Blandine Le Callet

Première publication: 2010 (Stock)

Edition présentée: Le Livre de Poche, février 2012

Disponible en numérique

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