Nouvelles d’Argentine (S. Bizzio, G. Carranza, R. Piglia, E. Cross, S. Cheijfec)

Nouvelles d’Argentine est un recueil de nouvelles publiées aux éditions Magellan & Cie avec le concours de Courrier International en Novembre 2010. Cet ouvrage appartient à la collection Miniatures.

Nouvelles d'Argentine S. Bizzio, G. Carranza, R. Piglia, E. Cross, S. Chejfec. Magellan et Cie (Novembre 2010) collection Miniatures

Nouvelles d’Argentine
S. Bizzio, G. Carranza, R. Piglia, E. Cross, S. Chejfec.
Magellan et Cie (Novembre 2010)
collection Miniatures

Quatrième de couverture:

S’étirant de la Terre de Feu (et de glace), où s’aventura naguère un certain Magellan, au sud du Brésil, de la Cordillère des Andes à l’océan Atlantique, l’Argentine est ce jeune pays de deux cents ans où survit encore le mythe américain de la terre promise, de la terre d’exil pour de nombreux Européens. C’est le pays des pampas à perte de vue, jusqu’à la Patagonie, des « gauchos », ces fiers gardiens de gigantesques troupeaux, du tango, cette danse nerveuse pratiquée sur les bords du rio de la Plata, le fleuve d’argent, où hommes et femmes se toisent fièvreusement. C’est le siège d’une capitale, Buenos Aires, à l’architecture et à l’atmosphère européennes, comme le fut en son temps New York. De grands écrivains ont surgi de ce pays devenu éminemment littéraire de par son apport au boom latino-américain, jusqu’aux années de plomb de la dictature (1976-1983). Dans ce recueil, au ton tantôt grave tantôt léger, tantôt cru tantôt pudique, une nouvelle génération d’écrivain perpétue, à l’ombre du grand aîné Jorge Luis Borges, et dans la langue de Cervantès importée par les Conquistadors, une histoire littéraire argentin exigeante, originale et forte.

Ce que j’en pense: 

Ce recueil comporte cinq nouvelles que je vais vous présenter séparément. En effet, aucune n’a de lien avec un autre.

La première, Cynisme (Cinismo en VO, traduite par André Gabastou), laisse une impression très forte: elle raconte le rapport à la sexualité d’une enfant hermaphrodite, qui tombe amoureuse d’un adolescent, fils d’amis de ses parents, le temps d’un bref séjour chez elle.  Elle nous est présentée comme une fille, mais est-elle fille ou garçon? On sent tout le long du récit qu’elle se cherche, elle est indécise. Toujours est-il que son langage est cru pour une jeune de 12 ans, tout comme celui d’Alvaro, son compagnon de « jeu », qui épanouit sa sexualité d’une manière que sa mère trouve « étrange ». Et puis il y a les parents. Pour vivre ensemble et se supporter, le whisky et la marijuana semblent de merveilleux remèdes, ou presque. Sergio Bizzio arrive à nous faire ressentir le mal-être de Rocio en si peu de mots! Un beau récit qui a été adapté au cinéma par Lucia Puenzo sous le titre XXY (allez voir la bande annonce ici!).

Le texte de Gonzalo Carranza, Ad Majorem Dei Gloriam (traduit par François Gaudry), nous entraîne dans le monde religieux, où les complots, les mensonges et la culpabilité nous sont exposés. Un récit très court mais percutant.

L’invasion (traduit par François-Michel Durazzo) de Ricardo Piglia se situe dans une cellule de prison. Déjà occupée par deux détenus, cette cellule accueille un nouveau prisonnier… Une vision assez inattendue, mais non moins intéressante, du milieu carcéral.

Le cadeau d’Esther Cross (traduit par Marianne Millon) m’a fait sourire: il revient sur les fêtes de Noël et sur les invités qui n’offrent qu’un cadeau pour deux enfants, ici une poupée. Comment contenter les deux fillettes? Privilégier la plus jeune? Confisquer le cadeau? À vous de le découvrir!

La dernière nouvelle, les malades de Sergio Chejfec (traduit par François Gaudry) m’a paru assez bizarre. Le personnage principal en est une femme qui semble vivre à l’écart de tout contact humain. Elle reçoit un jour un courrier lui donnant pour instructions de se rendre au chevet d’une personne malade. Le récit raconte essentiellement son parcours de chez elle jusqu’à l’hôpital, où elle arrive enfin dans une sorte de mouroir. On arpente les méandres des couloirs de l’hôpital tout en explorant les pensées un peu étrange de cette femme. J’avoue ne pas avoir compris où voulait nous mener l’auteur avec ce récit.

Ce recueil est vraiment un aperçu très hétéroclite des écrits argentins, donnant envie de découvrir ces auteurs, mais aussi d’autres afin de voir tout ce que la littérature argentine peut nous offrir.

Giacomo Balla I Malati

Giacomo Balla
I Malati

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Titre: Nouvelles d’Argentine

Auteurs: Sergio Bizzio, Gonzalo Carranza, Ricardo Piglia, Esther Cross, Sergio Chejfec

Édition présentée: Magellan et Cie, Novembre 2010

Traducteurs: André Gabastou, François-Michel Durazzo, Marianne Millon et François Gaudry.

Cette lecture compte pour le challenge Argentine 2014

Challenge Argentine 2014 Évasion et découvertes

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